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Summary Transcript (Note: The final program used excerpts from this interview.
TSR: Mr. Ambassador, many jurists and specialists in international law are asking questions about the work of the UNCC, and in particular they want to know why Iraq is not a party to decision making. How can this Commission make fair decisions if Iraq's side is not heard? What is your opinion on this? AMBASSADOR MOOSE: Je crois qu'il est important de commencer par les faits. Il y a 10 ans, l'Irak a lancé une guerre d'agression non provoquée contre son voisin le Koweit. Plus de 500 000 soldats ont traversé la frontière et occupé le Koweit pendant plus de six mois. Tout ce qu'ils n'ont pas pu voler ils ont essayé de le détruire, y compris les centrales électriques, le réseau de communication et bien sur les infrastructures pétrolières et autres. Plus d'un millier de personnes ont trouvé la mort. Des milliers d'autres personnes ont été blessées et jusqu'à ce jour, plus de 600 personnes sont toujours portées disparues. En dehors de ces souffrances humaines, l'Irak a causé aussi d'énormes dommages matériels chiffrés à des milliards de dollars. Je crois que, suite à cette agression de l'Irak le Conseil de Sécurité des Nations Unies au nom de la communauté internationale a assumé trois responsabilités. D'abord, de tout faire pour que l'Irak ne puisse pas reprendre son programme de production d'armes de destruction massive. Deuxièmement, de répondre aux besoins du peuple irakien et troisièmement, très important, de dédommager les victimes innocentes de cette agression. Donc, l'Irak a reconnu ses responsabilités pour dédommager ses victimes. Il a accepté les résolutions du Conseil de Sécurité qui a créé la Commission de Compensation. Maintenant, quant à la procédure de cette commission, à notre avis elle est tout a fait juste et permet à l'Irak d'avoir accès aux membres du Conseil d'Administration de la Commission, de rencontrer le secrétariat de la Commission, de poser des questions, de demander des documents, d'intervenir dans les sessions de la Commission pour poser des questions ou bien de faire des révisions. AMBASSADOR MOOSE: I think that it is important to start with the facts. Ten years ago Iraq started a war of unprovoked aggression against its neighbor Kuwait. More than 500,000 troops crossed the border and occupied Kuwait during more than six months. What they could not steal, they tried to destroy, including the electric power stations, the communications network, and of course, the oil and other infrastructures. More than a thousand people were killed. Thousands of others were wounded and to this day, more than 600 people remain missing. Thus, in addition to human suffering, Iraq caused enormous material damage that can be counted in the billions of dollars. Following this act of aggression by Iraq, the UN Security Council, in the name of the international community, assumed three responsibilities. First, to do everything possible to prevent Iraq from continuing to produce weapons of mass destruction. Second, to respond to the needs of the Iraqi people, and third, to provide compensation to the innocent victims of the aggression. Iraq recognized its responsibility to compensate the victims. It accepted the Security Council resolutions that created the Compensation Commission. Now, as for the procedures of the Commission, we believe that they are completely fair. They give Iraq access to members of the Commission's Administrative Council, and allow Iraq to meet with the Secretariat of the Commission, to ask questions, to request documents and to intervene in sessions of the Commission, or to ask for revisions to the compensation requested. We believe it is a very fair process. TSR: Donc, selon vous, l'Irak en tant qu'état et l'ambassadeur d'Irak en tant que personne, ici à Genève, ont suffisament accès aux documents et ont les moyens de se défendre. TSR: Thus, according to you, Iraq, represented by the Iraqi Ambassador here in Geneva, has sufficient access to documents and the means to defend itself? MOOSE: Oui, l'Irak recoit régulièrement des documents sur les demandes d'indemnités. Ils ont aussi le droit de poser des questions à la Commission et aux membres du Conseil d'Administration. Il est vrai que les noms de certain des requérants sont occultés pour d'évidentes raisons de sécurité. Mais les noms des entreprises et des gouvernements requérants sont communiqués à l'Irak MOOSE: Yes, Iraq regularly receives documents about the requests for compensation. It also has the right to address questions to the Commission and to the member of the Administrative Council. It is true that the names of certain of the individual applicants have been kept confidential for reasons of security. But the names of the business and government applicants are communicated to Iraq. TSR: L'Ambassadeur d'Irak que j'ai aussi interviewé dit que quand il croise les membres de la Commisssion dans la rue , les gens changent de trottoir, qu'il n'arrive pas à accéder à eux, et qu'on le laisse parler seulement pendant un quart d'heure. Il se sent tout à fait hors de la situation. Est-ce que vous le comprenez? TSR: The Ambassador of Iraq, who I also interviewed, said that when he runs into members of the Commission in the street, they cross to the other sidewalk, and that he has no access to them and that they only let him speak for 15 minutes. He feels completely excluded. Do you understand the way he feels? MOOSE: Non, je ne comprends pas vraiment parce que, de nouveau, l'Irak a toutes possibilités de poser des questions et de demander des informations. je dois vous dire que dans les sessions de la Commission, l'Irak se sert de ces occasions pour polémiquer, plutôt que d'examiner sérieusement le mérite des demandes d'indemnités. MOOSE: Non, I don't really understand because, once again, Iraq has every possibility to ask questions and request information. I have to say that Iraq uses the sessions as an occasion to engage in polemics rather than to seriously examine the merit of the requests for compensation. TSR: Il y a un autre point que l'ambassadeur d'Irak et certains juristes m'ont signalé et qui pose problème. Très souvent les plaignants, puisque ce sont des plaintes qui représentent des sommes énormes et qui sont très complexes, les plaignants peuvent avoir recours à des cabinets de juristes et d'avocats internationaux. Lorsque l'Irak, semble-t-il, demande de pouvoir utiliser ses fonds pour avoir, lui aussi, accès à des cabinets internationaux, dont un ici à Genève, ça lui est interdit. Est-ce qu'il n'est pas choquant qu'un pays n'ait pas le droit d'utiliser son argent pour pouvoir se défendre et se payer un avocat? TSR: There is another point that the Ambassador of Iraq and certain jurists say is problematic. Very often the plaintiffs -- since these are cases which represent enormous sums and which are very complex -- these plaintiffs have access to international law firms. But apparently when Iraq asks to be able to use the same funds to have access to international law offices, including one here in Geneva, it is denied. Isn't it shocking that a country doesn't have the right to use its own money to defend itself and pay for a lawyer? MOOSE: Il faut dire que l'Irak ne manque pas de moyens pour employer les services d'avocats et autres. Il faut dire aussi que ce processus n'est pas le processus d'un tribunal. Il n'essaye pas de copier les procédures d'un tribunal. C'est un processus bien établi pour vérifier les demandes d'indemnités. Là aussi il faut rapeller que ni l' Irak, ni aucun des requérants, a le droit de faire appel d'une décision de la Commission.
MOOSE: It must be remembered that Iraq has sufficient means to use the services of lawyers and others. You have to keep in mind that this process is not a tribunal. It is not based on tribunal procedures. It is a process established to verify demands for compensation. Here again, it should be recalled that neither Iraq nor any of the applicants for compensation has the right to appeal a decision by the Commission.
TSR: Qu'est ce que l'on pourrait répondre à certains journalistes ou certains juristes qui comparent le fonctionnement de l'UNCC avec ce qui s'est passé en 1918, c'est à dire l'imposition à l'Allemagne de réparations extrèmes sans que l'Allemagne ne puisse dire quoi que ce soit et ou ça s'est terminé assez mal dans les années 30. Est ce que la comparaison entre le traité de Versailles et l'UNCC vous paraît pertinente? TSR: What would be your response to certain journalists or jurists who are comparing the functioning of the UNCC with what happened in 1918, in other words the imposition of extreme reparations on Germany without Germany having any say in the matter, and which ended rather badly in the 1930s. Does this comparison between the Treaty of Versailles and the UNCC seem appropriate to you? MOOSE: A vrai dire non. je crois qu'il est très difficile de faire une telle comparaison. Il faut dire que le début du XXème siècle a été marqué par des guerres mondiales et des souffrances humaines énormes. Mais c'est précisément pour prévenir la répétition de tels évènements que nous, la communauté internationale, nous avons créé des institutions telles que les Nations Unies, et c'est à travers ces institutions que nous essayons maintenant de mettre en place des mesures pour prévenir cette répétition. Voilà la raison pour laquelle, à mon avis, l'action de la Commission de Compensation est encore plus importante parce qu'elle a d'abord la responsabilité d'essayer de compenser les victimes. Mais elle a une autre responsabilité, c'est de démontrer que l'agression ne paye pas, et en se faisant, de dissuader le prochain Saddam Hussein de commettre une telle guerre d'agression. MOOSE: Absolutely not. I believe that it is very difficult to make a comparison like that. It must be said that world wars and enormous human suffering marked the beginning of the 20th Century. But it is precisely to prevent the repetition of such events that we, the international community, created institutions such as the United Nations, and it is through these institutions that we try to put in place measures to prevent this repetition. This is the reason why, in my view, the work of the Compensation Commission is even more important since it has first and foremost the responsibility to try to compensate the victims. But it also has another responsibility, and that is to show that aggression doesn't pay, and in doing so, to dissuade the next Saddam Hussein from committing a war of aggression. TSR: Certains pays et certains juristes craignent que cette Commission ne crée un précédent, Aujourd'hui c'est contre l'Irak, et demain ça pourrait être contre Israël au Sud Liban, contre les russes en Afganistan contre beaucoup d'autres pays. Est-ce qu'il y a un risque de dérive du droit international selon vous? TSR: Certain countries, and certain lawyers fear that the Commission is creating a precedent. Today it is against Iraq, and tomorrow it could be against Israel in Southern Lebanon, against the Russians in Afghanistan, or against many other countries. Is there a risk of destabilizing international law, in your view? MOOSE: Je ne pense pas. De nouveau, c'est le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui est l'instance chargée de maintenir la sécurité des pays. C'est un processus de décision qui est tout à fait transparent. Il y a des discussions, des débats. Il faut dire que cela fait 10 ans que le Conseil de Sécurité, malgré que ses membres ont changé tous les ans, reste uni et déterminé sur cette base pour résoudre des questions d'indemnisation des victimes de l'Irak. Il faut dire aussi que l'Irak n'est pas un pays pauvre. Cette année, l'Irak aura recu près de $20 milliards de recette grâce au pétrole. Donc l'Irak peut subvenir aux besoins de son peuple et également satisfaire les demandes d'indemnisations des victimes innocentes de son agression. MOOSE: I don't think so. Again, it is the Security Council of the United Nations that is charged with maintaining the security of nations. The process of decision-making is completely transparent. There are discussions and debates. It must be said that for 10 years now the Security Council, even though its members change every year, has remained united and determined on this basis to resolve the question of compensation for the victims of Iraq. It must also be said that Iraq is not a poor country. This year, Iraq will have received nearly $20 billion in oil revenue. Thus, Iraq is capable of responding to the needs of its people and also satisfying the requests for compensation by innocent victims of its aggression. TSR: C'est aussi une des grandes questions que se posent les gens. Quand on voit la situation humanitaire en Irak, est-ce que selon vous il est moralement juste de prélever 30% des ressources du pétrole d'un pays alors que les habitants sont dans une situation humanitaire que l'on peut qualifier de très difficile. Est-ce que moralement c'est défendable? TSR: That is also one of the big questions that people ask. When one sees the humanitarian situation in Iraq, do you believe it is morally justified to take 30% of the oil revenues from a country while its inhabitants are in a humanitarian situation which could be described as very difficult. Is it morally defensible to do this? MOOSE: La triste réalité est que le régime de Saddam Hussein est tout à fait insensible aux souffrances de son propre peuple. Comme vous avez dit 30% des revenus de la vente du pétrole est réservé pour payer les indemnités des victimes de l'agression. Mais les deux tiers des revenus sont réservés pour satisfaire les besoins humanitaires du peuple irakien. Le Conseil de Sécurité a pris des mesures spéciales précisément parce qu'il sait que le régime de Saddam ne s'intérresse pas vraiment à prendre des dispositions nécessaires pour satisfaire ces besoins humanitaires. Voila la triste réalité. L'Irak a tout les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de son peuple mais il ne coopère pas pleinement avec les méchanismes créés par le Conseil de Sécurité. MOOSE: The sad reality is that the regime of Saddam Hussein is completely insensitive to the suffering of its own people. As you have said, 30% of the revenues from the sale of petrol is reserved for paying compensation to the victims of aggression. But two thirds of the revenues are reserved to meet the humanitarian needs of the Iraqi people. The Security Council has taken special measures precisely because it knows that Saddam's regime is not really interested in taking the measures necessary to satisfy humanitarian needs. That is the sad reality. Iraq has all the means necessary to respond to the needs of its people, but it is not cooperating completely with the mechanisms created by the Security Council. TSR: Si Saddam Hussein disparaissait, que le régime irakien tombait, est-ce que le système de l'UNCC et le montant des compensations pourrait eut être corrigés selon vous? TSR: And if Saddam Hussein disappeared and the Iraqi regime fell, the UNCC system, would the amount of compensation be corrected? MOOSE: Franchement je ne suis pas capable de répondre à cette question. Evidemment ça dépendra des décisions prises au sein du Conseil de Sécurité.
MOOSE: Frankly, I am not able to respond to that question. Evidently that would depend on decisions within the Security Council.
TSR: j'ai une tout dernière question. j'ai interviewé l'autre jour un homme politique suisse qui disait que ce système de faire payer l'Irak ne marche pas bien parce que la vraie justice serait d'arrêter l'auteur de la guerre et de le juger, plutôt que de faire payer un pays pendant dix, quinze, vingt ans. Qu'en pensez-vous? TSR: One final question. The other day I interviewed a Swiss politician who said that the system of payments to Iraq was not working well because real justice would only be served by arresting the author of the war, and judging him, rather than making a country pay during 10, 16 or 20 years. What do you think? MOOSE: C'est une question qui se pose actuellement et il faut dire que l'administration du Président Clinton a posé la question: est-ce qu'il est temps d'établir un tribunal qui tient précisément les autorités irakiennes responsables de cette agression et ausi des souffrances du peuple irakien? C'est une question qui est posée et que nous allons tous discuter mais à notre avis c'est une proposition qui a beaucoup de mérite. MOOSE: It's a question which is being asked a lot right now, and it must be said that the administration of President Clinton has also asked the question: is it time to establish a tribunal which holds the Iraqi authorities responsible for their aggression and also for the suffering of the Iraqi people. It's a question that is being considered, and we must all discuss it, but in our opinion, it is a proposition which has a lot of merit. TSR: Merci beaucoup TSR: Thank you very much. .
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